Accueil Date de création : 28/08/08 Dernière mise à jour : 29/11/11 12:31 / 73 articles publiés

Hommage à Sergio Leone - 2 -  (Cinéastes) posté le mardi 05 mai 2009 11:26

 

 

Sergio Leone: Je produisais mais il n'était pas question que je réalise. Il nous fallait trouver un metteur en scène. Concernant les acteurs, la United Artists m'a conseillé de prendre Rod Steiger pour interpréter le péon et j'ai choisi James Coburn pour incarner l'irlandais. Cependant, tout se ralentissait à l'approche du tournage. Aucun metteur en scène n'était désigné. C'est alors que j'ai joint Sam Peckinpah à Londres. Nous étions très amis. Il était enchanté de faire un film que je produisais. Je savais la portée de nos deux noms sur une affiche. J'ai donc prévenu la United Artists. A ma grande surprise, je les sens gênés. Le lendemain, on m'annonce que les acteurs ne feront le film qu'à la condition que j'en sois le réalisateur. Nous étions à une semaine du tournage. Toute l'équipe se trouvait déjà en Espagne. Je m'y suis rendu immédiatement avec le projet d'assassiner les deux stars. J'étais furieux. Sur les lieux, j'ai pris connaissance de tous les détails d'un complot fomenté autour de moi. Dès la signature de notre accord, la United Artists m'avait tendu un guet-apens. Tout le monde avait trempé dans une combine qui devait m'obliger à réaliser ce film. Même ma famille ! J'étais le seul à ne pas être au courant de l'opération. J'étais coincé entre deux solutions: annuler le film ou le réaliser moi-même. J'ai donc accepté de le mettre en scène mais j'ai prévenu les deux vedettes: «Très bien. Je fais le film. Mais il ne faudra jamais me demander le soir ce que je vais tourner le lendemain. Parce que, si c'est moi qui réalise, je dois tout réécrire pour que cela concorde avec mon univers. Et je ne pourrais inventer que pendant le tournage. Il va me falloir avancer à l'aveuglette... » Ils ont accepté l'aventure. Et je me suis retrouvé en train de faire le film le plus difficile du monde.



♦ Sergio Leone avait souhaité que le film s'intitule: Il était une fois la Révolution. Mais il n'y a qu'en France que le film s'est appelé ainsi. En Italie, le distributeur pensait qu'on pouvait faire une confusion avec Prima Della Rivoluzione de Bertolucci, tourné 5 ans auparavant. Alors Leone a choisi Giu' la Testa qui signifie: « courber l'échine. » Dans certains pays anglo-saxons, on a d'abord rebaptisé le film: Duck, you Sucker puis, A Fistful of Dynamite.

 

La colère de Sergio Leone

« Moi, si je veux tourner 24 heures d'affilée, je le fais. Et je me fiche que tu t'appelles Rod Steiger et que tu aies gagné par erreur un Oscar ! Car tu n'es qu'une espèce de morceau de merde ! Et je t'envoie te faire foutre, toi et la United Artists ! Demain, je te remplace parce que tu es un acteur nul ! Sans votre combine, je n'aurais jamais accepté de travailler avec un type comme toi ! »



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