« En
France, les producteurs sont uniquement des banquiers. Les
producteurs américains, eux, interviennent personnellement dans la
création du film. »
Irwin Winkler (producteur)
On a trop souvent tendance à croire que c'est le réalisateur qui
prend toutes les décisions sur un film. Aux Etats-Unis, certains
producteurs sont tellement passionnés par un projet, qu'ils
apportent un bon nombre d'idées importantes au réalisateur. Un
producteur peut être considéré comme le véritable auteur d'un film,
même s'il ne l'a pas réalisé.

Le célèbre
producteur des années 30-40, David O. Selznick, s'occupait
absolument de tout sur Autant en emporte le Vent. Le choix
des acteurs, du réalisateur, des costumes, des décors et il
réécrivait sans cesse des pages entières du scénario.
Sur Rebecca, Selznick donna même des leçons de cinéma à
Alfred Hitchcock !

Walt Disney
n'a jamais réalisé un seul de ses longs métrages et pourtant, c'est
son nom que l'on voit écrit en gros sur les affiches de ses films,
comme s'il les avait réalisés lui-même. En tant que producteur,
Disney était le véritable auteur de ses films
d'animation.


C'est la même
chose pour une production de Tim Burton dont on peut voir l'affiche
ci-dessous. Que lit-on sur cette affiche ?: Tim Burton's The
Nightmare Before Christmas. Burton n'est pourtant pas le
réalisateur de ce film. Il en est le producteur ainsi que l'auteur
de l'histoire et le concepteur des personnages.

Cependant, d'autres producteurs se montrent beaucoup plus
discrets mais ont tout de même énormément apporté à des films très
populaires.
Pour Star
Wars, on croit que c'est George Lucas l'unique créateur de la
saga. Pourtant, le producteur Gary Kurtz a pris d'importantes
décisions créatives sur les deux premiers films. Il en est même le
co-réalisateur.
Sur le
premier épisode de la série sorti en 1977, il a entre autres
conseillé à Lucas de simplifier son histoire car elle était
incompréhensible et trop coûteuse. Et sur le film suivant, c'est
Kurtz qui a trouvé le titre: l'Empire contre-attaque.
C'est Kurtz également qui a eu l'idée de débuter le film par une
énorme bataille, que les méchants remportent la victoire et que les
héros soient ensuite séparés pendant tout le reste du film. Kurtz a
même réalisé des scènes importantes comme le duel au sabre laser
entre Luke et Vader. Il choisissait les photos destinées à la
presse et supervisait même le doublage français !
Comme on peut
le constater sur ces photos de tournage, c'est Gary Kurtz le
véritable maître d'œuvre des
deux premiers Star Wars !

Gary
Kurtz et George Lucas

Mark
Hamill, Gary Kurtz et Harrison Ford


Gary Kurtz à la
caméra

Gary Kurtz et Mark
Hamill

Darth Vader, Gary Kurtz, Irvin
Kerschner, Boba Fett

Irvin Kerschner et Gary
Kurtz

Poltergeist est une réalisation de Tobe Hooper,
mais c'est en réalité un film de Steven Spielberg. Ce dernier l'a
écrit, produit et surtout, a réalisé une bonne partie du métrage.
En outre, Poltergeist a de nombreux points communs avec
E.T. que Spielberg réalisa au même moment.
En 1998,
Steven Spielberg était le producteur du Masque de Zorro.
Il a tout fait pour que le film soit de qualité. Dans le
commentaire audio du DVD, le réalisateur Martin Campbell reconnaît
que Spielberg lui a conseillé de refaire quelques scènes et
notamment la séquence finale, bien plus réussie que celle qui était
prévue à l'origine.

A propos du
Masque de Zorro, je voudrais en profiter pour comparer ce
film au 4e Indiana Jones et démontrer en même temps ce
qu'un bon producteur peut apporter à un film.
Pour moi, Indiana Jones 4 a déjà été fait il y a 10 ans.
Son titre: le Masque de Zorro. Tout comme Indiana
Jones, ce film s'inspire des serials des années 30-40 et -
tout comme les Aventuriers de l'Arche Perdue - fait
renaître un genre oublié: ici, le film de cape et d'épée. En tant
que producteur, Spielberg a supervisé l'ensemble de près en
compagnie du réalisateur Martin Campbell. Tous deux ont voulu
retrouver le dynamisme des films des années 40-50 de Michael Curtiz
et George Sydney: l'Aigle des Mers, Robin des Bois, les 3
Mousquetaires, Scaramouche.
Au final, grâce à un remarquable SCENARIO, on se trouve devant un
film d'aventure énergique, drôle et intelligent. Tout ce que le
Crâne de Cristal n'est pas. Dans le Masque de Zorro,
pas la moindre image de synthèse. Les méchants sont vraiment
détestables tout en évitant la caricature et chaque personnage est
utile à l'histoire.
Voici une importante similitude entre le Masque de Zorro
et le Crâne de Cristal. Dans Zorro, Don Diego de
la Vega, un héros vieillissant, rencontre pour la première fois sa
fille adulte. Une relation touchante et subtile qui se terminera
dans la tristesse. Dans le Crâne de Cristal, Indiana
Jones, un héros lui aussi vieillissant, rencontre également pour la
première fois son fils adulte. Mais ici, la relation est d'une
platitude incroyable et se poursuivra dans le grotesque.
Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal est
produit par George Lucas. Il a imaginé l'histoire et a suivi
le tournage de
près.
Vous pensez
qu'Indiana Jones 4 est raté ? Vous savez maintenant à qui
il faut s'en prendre !